Manchester City bat Chelsea (2-0) et remporte le Community Shield

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Manchester City a remporté le Community Shield ce dimanche après-midi après sa victoire sur Chelsea (0-2). Les Blues ont peiné offensivement, tout le contraire des hommes de Guardiola. L’entraîneur catalan, lui, a bien lancé son duel avec son homologue italien, Maurizio Sarri.

Guardiola gagne une bataille… mais pas la guerre ?

La confrontation entre Manchester City et Naples – lorsque Sarri y officiait l’an dernier -, avait donné envie de voir les deux entraîneurs boxer dans le même championnat domestique. En attendant la reprise de la Premier League, le Community Shield a donné un bel avant-goût de ce que pourrait donner le duel Sarri-Guardiola. En toute logique, c’est le second qui a remporté la première manche. D’un point de vue purement factuel, le Catalan connaît son équipe depuis plus longtemps que son adversaire et compte moins d’absents. Sur le terrain, il est resté plus prudent défensivement que l’Italien, en atteste sa façon de gêner la sortie de balle adverse. Le bloc équipe de City, bien souvent mené par un Bernardo Silva extraordinaire, a cherché à couper les lignes de passes aux abords de la surface des Blues et a pratiqué un marquage individuel sur les solutions de Chelsea au milieu de terrain. Et si les hommes de Sarri franchissaient la ligne médiane, les onze Citizens n’hésitaient pas à défendre dans leur moitié de terrain. Longtemps, Chelsea a été incapable de mettre du rythme et de bien gérer ses transitions offensives.

De l’autre côté du terrain en revanche, les Blues se sont parfois lancés dans un pressing aussi agressif que déstructuré, ce qui a eu pour effet de créer des fossés entre les lignes. Il n’en fallait pas plus aux joueurs de Guardiola qui obligeaient la défense de Chelsea, lâchée par ses milieux, à défendre sur le reculoir et voir Agüero tromper Caballero (0-1, 13e). Mais attention, Maurizio Sarri n’est même pas à Chelsea depuis un mois et sa formation ne peut que monter en régime. Comme Guardiola à son arrivée en Angleterre, nul doute qu’il aura besoin d’un temps d’adaptation, aidé par son adjoint Gianfranco Zola. Et pourra être jugé sur pièce lorsque la machine sera rodée. Le 8 décembre par exemple, lors de la réception de City à Stamford Bridge ?

Le spectacle en Premier League

Attention, ces quelques lignes risquent fortement de faire resurgir l’éternel débat manichéen sur un terme galvaudé. Car on ne rappellera jamais assez que «le beau jeu» de l’un n’est pas nécessairement celui de l’autre. Encore moins à une période où la possession donne l’impression de tomber en désuétude et le jeu en contre jouit d’une certaine hype. En Angleterre, le Community Shield de ce dimanche a été le théâtre d’un affrontement sans merci entre deux apôtres du jeu de position et de la conservation de balle. En attestent les chiffres de possession, très équilibrés au coup de sifflet final : 47% – 53%. Rien de soporifique toutefois, comme on a pu le voir avec l’Espagne durant le Mondial. Au contraire même. Le City de Guardiola et le Chelsea de Sarri sont dans la prise de risque constante, à la recherche de l’homme libre à partir de relances courtes. Pour les deux équipes, la stratégie peut être à double tranchant. Pour le spectateur, elle est forcément gagnante, au regard du spectacle et des sensations procurées. Le Community Shield n’était qu’un round d’observation entre deux entraîneurs qui se connaissent et s’estiment, ce qui explique peut-être le faible nombre de buts. Mais la Premier League a des raisons de se réjouir de la présence de ces bonhommes-là, elle qui, il y a deux ans, moquait acerbement Guardiola pour son plan de jeu à haut risque. Régalez-nous messieurs !

Le perdant : L’attaque des Blues

Offensivement, les Blues ont manqué de beaucoup de choses. Sans Eden Hazard, encore en vacances, et Willian, sur le banc au coup d’envoi, Chelsea n’a jamais su se montrer réellement dangereux (seulement un tir cadré). Alvaro Morata s’est manqué sur une frappe à l’entrée de la surface (24e), tout comme le jeune Hudson-Odoi, trop individualiste et pas assez précis dans ses tentatives (31e, 33e). Tout le contraire de Riyad Mahrez et Bernardo Silva dans le camp d’en face. Est-ce le manque de forme ou un niveau d’exigence pas assez élevé ? Dans le cas de Pedro et Morata, qui ont à peu près tout raté, la question peut se poser. Et il ne reste que quelques jours à Chelsea pour s’activer sur le marché des transferts et combler ses manques offensifs avant d’attaquer la saison en Premier League.

France Foot